Le retour !

On est dimanche. Il est 16h. Notre avion est à 22h20. Nous décidons de partir à 19h même si l’aéroport est à 15 minutes. Mieux ne vaut pas stresser. Nous cherchons deux taxis par des applications. Un seul viendra. Il accepte de nous prendre tous les cinq en contournant un barrage policier par les petites rues…

Nous voilà dans l’avion avec une petite heure de retard, désinfection oblige, mais ce n’est pas grave, on a de la marge ! C’est la compagnie « Emirates Airlines ». François avait toujours rêvé de prendre cette compagnie, et en effet, c’est la classe ! Et… on a pris notre premier vrai repas depuis cinq jours !!!!!! C’est là où on voit que nos références sont un peu différentes… d’habitude un repas en avion c’est pas la panacée, là c’est devenu le bonheur ! Nous arrivons à 2h du matin.

Un petit blocage à la douane qui ne veut pas faire rentrer des français sur le territoire brésilien… Non mais on s’en fiche de rentrer au Brésil, on a juste des bagages à récupérer et à réenregistrer pour un avion à prendre dans 14 heures ! Appel au chef qui constate qu’on est une vingtaine d’autres passagers dans le même cas et qui a du se dire non mais si je dis non qu’est-ce que je vais en faire de tous ces gens là à 2h du mat’!… Finalement, le douanier tamponne nos passeports sans même y jeter un coup d’œil et sans même nous faire enlever nos masques. Bref, on passe ! Ouf ! On fait le tour de l’aéroport et cherchons un endroit pour s’installer. Que des sièges avec accoudoirs (vous savez ces fameux bancs anti-SDF ?!). Nous mettons les paréos de Rio (et oui on est à Rio en plus !) par terre. Les enfants s’installent dessus et on déplie les couvertures de survie. Bien contents d’avoir pensé à prendre ça ! Les enfants s’endorment rapidement, François veille un peu puis finit par trouver une position un peu moins inconfortable et finit par s’endormir laissant le premier quart de veille à Barbara. Barbara passe son temps au téléphone avec sa copine Anne-Flore. Pas sommeil, c’est sûrement le thé de l’avion. Peu avant 6 heures, des manifestants coincés à Buenos Aires, réclament des billets devant une compagnie en tapant dans les mains et en manifestant bruyamment. Peu après, Barbara finit par s’endormir jusqu’à 8h tout contre Galien et François prend le relais pour surveiller notre tribu et nos bagages.

On déambule dans l’aéroport, on joue, on lit, on raconte des histoires, on mange (on a trouvé un restaurant ouvert !!!!!!!). Il est 13h30, on se prépare pour faire l’enregistrement. Et là, on hallucine !! D’habitude, tout le monde mais vraiment tout le monde respecte les deux mètres demandés entre chaque personne. Et bien figurez-vous, que devant AirFrance, tout le monde est collé-serré, prêts à danser la lambada ! L’enregistrement prend du temps. Les garçons veulent refaire une course de chariot (sûrement parce qu’on les avait laissé faire à Catamarca), on se fâche un peu et une dame nous lance « Ah ben dis donc, ça va être bien le confinement ! ». @Françoise, Barbara en a perdu ses réflexes CNV ! Elle lui a répondu qu’on ADORAIT être avec nos enfants mais qu’on était un peu fatigués vu qu’on avait dormi dans l’aéroport « #!!. Bon, en même temps, on l’a insultée très fort dans notre tête, même peut-être à voix haute devant nos enfants. Si les élèves de Barbara lisent cet article… vous voyez, ça peut même arriver à la maîtresse ! 😉

En l’espace de quelques heures, on a entendu plus de plaintes et de réflexions désagréables qu’en trois mois et demi de voyage.

Nous nous sommes souvenus à quel point ça nous frappait à chaque fois qu’on rentrait de l’étranger de cette attitude de certains français et françaises. Franchement, j’avais oublié…

Nous voulons vous remercier chers lecteurs, amis et famille, de ne pas être comme ça. On a pensé à vous et ça nous a fait du bien !

Nous sommes arrivés à Paris vers 7h. On a eu un papier de la douane à présenter lors des contrôles de police comme attestation de déplacement. Nous avons pris nos billets RER (42€ pour nous 5) pour nous rendre compte que les barrières étaient ouvertes et que c’est gratuit par contre, les guichets automatiques fonctionnent très bien eux ! 🙁 Si des allers Roissy -> Paris intéressent quelqu’un un jour, dites-le nous, on se fera un plaisir de vous les donner !!

Tout est vide, c’est impressionnant. On arrive à la gare. On a froiiiiiiiiiiiiiid ! On est passés de plus de 30 degrés à 2 degrés et on n’a pas beaucoup dormi. On met tout ce qu’on a sur soi et on patiente. On se fait contrôler. Tout va bien. C’est l’avantage quand on présente un papier à entête de la police nationale à un policier : tout est plus simple ! On cherche où aller aux toilettes. On leur pose la question. Aucun lieu, toilettes fermées et tous les lieux alentours sont fermés. Eux vont dans un train quand il y en a un en gare. Pas de train en gare. On ne tient plus avec les enfants. Avec une jeune fille qui vient d’Argentine aussi, on se trouve un coin dans un caniveau. On rigole bien quand Isis nous dit tout à fait détendue : « C’est vraiment l’aventure qui continue ! En 48h, on a dormi par terre dans un aéroport et on fait pipi dans la rue. » Dans ma tête, je me dis qu’on a vraiment de la chance de dire que c’est « l’aventure », parce que pour d’autres, c’est leur quotidien de dormir à même le sol…

Je vois au loin un gars avec un sac en papier marqué « pain », je m’approche de lui… enfin avec la distance règlementaire et je lui demande s’il a trouvé cette merveilleuse baguette à proximité. Il m’indique où c’est, je file et je nous achète de bons sandwiches parisiens (= bien chers) que l’on a dégustés dans le train.

On monte dans le train. On s’endort. Ah oui bizarrement avoir dormi deux fois deux heures ces deux derniers jours, on a un peu de sommeil en retard ! ET… on se réveille quand le train est en gare de Lyon. Coup d’adrénaline, on range tout et on file sur les quais. Allez zou ! Facile maintenant on est en terrain connu ! Et… non ! Manque de chance, les stations de métros sont exceptionnellement fermées jusqu’à 17h suite à une alerte de suspicion de virus et il est 13h30. Nous prenons en catastrophe un bus qui se dirige à peu près où on veut aller, descendons à Valmy et faisons à pied le trajet jusqu’à Gorge de loup où on pourra prendre le bus jusqu’à chez nous pour récupérer notre voiture.

Vous savez, on en a fait des randonnées. Pendant trois mois et demi, on a marché tous les jours et de nombreuses heures. Parfois, il faisait très chaud comme au parc Talampaya en Argentine ou à Rio de Janero au Brésil et parfois, il faisait venteux et pluvieux comme quand on a fait la randonnée de 24 km du Fitz Roy en Patagonie mais jamais, vraiment jamais, cela nous a semblé aussi difficile ces quelques centaines de mètres de Valmy à Gorge de loup. C’est drôle quand même ! On n’en pouvait plus ! Tout le monde râlait (alors que ça n’arrivait jamais, les enfants ont toujours été à fond) nous y compris. Bon bref, arrivés, on a bien rigolé quand on s’est rendu compte de ça. Notre bus est arrivé, nous sommes montés. Nous avons partagé notre gel hydroalcoolique avec les trois personnes présentes dans le bus. Arrivés devant chez nous, nous avons été accueillis (de loin) par nos merveilleux voisins. Merci !

Merci à Virginie de profiter de notre maison avec sa famille car on peut prolonger notre séjour en allant dans notre chalet familial, à Combloux, dans les Alpes. Virginie avait pris soin de remplir notre coffre de voiture de jeux, vêtements, nourriture. Merci ! Merci à Débora, Kévin, Tom et Lino pour le petit sac avec les jolis intentions. Merci à Sophie, Eric et Quentin qui nous ont répondu rapidement pour savoir si notre papier administratif fonctionnait bien. Merci à Maxime pour son accueil.

Nous avons filé à Combloux et sommes arrivés sans encombre : l’autoroute était vide et les toilettes de l’aire de repos suuuper propres ! et pour cause on était seuls. A 22h, on dormait. Nous nous sommes tous réveillés entre 11h et 15h le lendemain. La palme revient à Octave qui a dormi 17h d’affilés !

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