Isla Aulín

Par le groupe facebook « Français au Chili », Axelle, ingénieure agronome sur l’île, nous a mis en relation avec un couple de pêcheurs indigènes Huilliches, qui vit sur l’ïle Aulin. Une île parmi les 40 îles et îlots qui composent l’archipel de Chiloé. La dame, Nely, nous propose de nous héberger en pension complète. Nous acceptons en se disant qu’être avec des locaux est toujours la meilleure des expériences. Surtout que tout ce qu’on trouve sur Isla Grande sont des tours touristiques en pagaille et que ça, on n’aime beaucoup moins.

Nous prenons un bus local, avec un chauffeur bien sympathique, de Castro à Delcahue. Arrivé là-bas, nous cherchons le quai. Nous demandons à l’office du tourisme mais personne n’est au courant du départ de ce bateau. Nely nous a bien dit d’être sur place à 11h45 pour prendre le bateau « San Pedro H ». Nous faisons un petit tour dans la ville et nous en profitons pour faire un conseil de famille sur une place. Les enfants ont plusieurs félicitations et remerciements : ils félicitent les parents pour le voyage et l’organisation (:-D) et ont des propositions (plus de temps calme car parfois les journées vont trop vite, plus de temps pour jouer). Les parents, quant à eux, félicitent les enfants pour leur adaptation et leur bonne humeur et proposent plus d’autonomie sur le rangement des affaires et plus d’énergie pour la mise au travail. Après un vote unanime, les propositions des enfants et des parents sont acceptées.  Nous n’avons pas eu le temps de parler des « critiques » (de fonctionnement ou de relation) et c’est tant mieux car tout le monde repart gonflé à bloc de la reconnaissance des attitudes de chacun pour que le voyage se passe au mieux. Ce sera pour plus tard ! Quand nous revenons au quai, nous découvrons le bateau avec une multitude gens dessus et surtout beaucoup de provisions : des sacs de blé, de farine, de l’eau, des jus… On nous donne des gilets de sauvetage. On paye 2 000 pesos par adulte ( 1,15 €= 1 000 pesos), c’est-à-dire pas grand-chose. On se cale sur le pont entre sacs de céréales et bagages et on attend. On avait oublié de demander à Nely le temps de trajet (tout s’est organisé en quelques échanges WhatsApp – application que l’on utilise pour toute communication aussi, super pratique !) et en regardant notre gps Maps.me, on s’aperçoit qu’en une heure, on avait fait le tiers du trajet. Nous qui pensions manger chez Nely ! Ahahaha ! Nous qui pensions qu’il y en avait pour 20 minutes ! Heureusement, calés sur les sacs de riz, nous partageons les 3 tomates, le concombre, les 2 bananes et le paquet de gâteaux qui nous restent ! Après avoir joué à la bataille de pouce et à Chiffoumi, on sort les liseuses. Isis replonge dans la comtesse de Ségur et Octave dans les Astérix et Obélix. Galien prend sa petite voiture et joue sur le dos de mon sac-à-dos.

Nous arrivons donc 3h plus tard sur l’île d’Anhuil qui compte 60 habitants. Nous sommes accueillis très chaleureusement par une amie de Nely puis par Nely. Nous nous attendions à une toute petite maison mais en fait c’est très spacieux. Nous pouvons utiliser les trois chambres, étant les seuls hôtes. Notre chambre donne sur la mer. Que c’est beau !

Nely nous a prévu un petit goûter, fort bienvenu ! 😉

En nous renseignant auprès d’elle pour aller faire une ballade sur l’île, Nely nous propose de monter sur le bateau de son mari Pedro qui doit aller ramener des gens de l’autre île qui ont participé à une messe spéciale. Nous acceptons avec plaisir !

Les enfants sont ravis car ils ont pu tenir la barre chacun leur tour. Nous avons de nouveau pu voir des manchots mais cette fois-ci de plus près et sans touriste autour ainsi que des otaries qui se détendaient sur des bouées. Youhou !

Nous arrivons au moment d’une fête de village dans la plus grande île voisine d’Anhuil : Butachauques. En effet, ils ont célébré une sainte patronne et pour ceci ont repeint l’église (il y a deux jours ! D’où le bleu et blanc immaculé !). Nous discutons avec un prêtre de Santiago qui est en mission 20 jours ici. C’est très intéressant. Nous parlons du film « Los dos papas » que nous avons vu sur Netflix à Buenos Aires. Nous parlons religion mais aussi politique et bien sûr plus particulièrement de la crise chilienne. Un référendum va avoir lieu ici, le 26 avril prochain, pour savoir s’il faut écrire une nouvelle constitution ou garder l’ancienne, qui date de la dictature. Il semblerait qu’il y ait une scission claire entre le pouvoir riche et la population modeste et que les inégalités s’accroient. Cela nous fait penser à la situation française qui est différente mais qui a beaucoup de point également avec la situation politique chilienne. Cet échange est très intéressant ! S’ensuivent les résultats de la tombola pendant qu’on partage le maté avec les locaux. Pendant ce temps, les enfants jouent au parc et enseignent quelques mots de français à des enfants chiliens qui à leur tour, leur apprennent des mots espagnols.

Nous rentrons sur notre petite île avec d’autres personnes ayant participé à la fête. Nous revoyons manchots et otaries, on ne se lasse pas de les observer ! Nely et Pedro sont heureux de l’enthousiasme des enfants et du nôtre.

Le soir, ils nous préparent un plat typique. Bon, ce n’est pas ce soir que l’on mangera léger ! C’est très beau. Les produits ne peuvent pas être plus frais. Les moules viennent d’être ramassées sur la plage. Les enfants se régalent et nous aussi. On file se coucher. Nely nous prévient : pas d’électricité de minuit à midi sur l’île. C’est le moment où les batteries se rechargent avec les panneaux solaires. On s’empresse de recharger nos téléphones, surtout pour prendre des photos, car ici, pas de wi-fi !

Il est minuit, tout vient de s’éteindre… Bonne nuit !

Le lendemain, il pleut des cordes. Nous en profitons pour faire un temps de classe plus long. Après le déjeuner, les enfants regardent des dessins animés en espagnol et nous on prend le temps d’écrire les articles. Le ciel s’éclaircit peu à peu et nous en profitons pour découvrir l’île d’Añhuil. Il y a 60 habitants et nous sommes les seuls touristes. Autant vous dire que sur la plage, nous sommes les seuls à nous balader. On prend les ponchos de pluie et nous voilà à la découverte de l’île. Sur le chemin du retour, nous apercevons des dauphins !! Waou ! Nous avons passé plus de 30 minutes à les suivre, à les voir sauter, rentrer et sortir de l’eau. C’était vraiment incroyable. Nous les observons bien et remarquons que leur aileron n’est pas arrondi et que leur dos n’est pas complètement noir. Ce ne sont donc pas des dauphins chiliens mais des dauphins australs. De retour « à la maison », nous montrons les photos à Pedro. Il nous confirme que ce sont les dauphins australs. Il est très surpris car, ici, normalement, seuls se voient les dauphins chiliens. Il y a donc une raison pour qu’ils soient là, sûrement un courant d’eau chaude…

Nous revenons aux anges. Nely nous a préparé un clafoutis aux myrtilles. On se régale. On passe du temps sur la plage de cailloux, on va voir les trois agneaux de nos hôtes. Je discute avec Pedro qui ramasse des algues et qui m’expliquent qui les utilise comme engrais pour son jardin autant pour les fleurs que pour les légumes. Je lui fais remarquer qu’on a vu des morceaux de polystyrène lors de notre balade. Il me dit que c’est une catastrophe ; que ce sont les éleveurs de poissons sur le bout de l’île qui utilisent des grandes barquettes de polystyrène pour la pisciculture. Nous n’avons pas bien compris si le poisson était élevé dedans ou non mais nous avons bien compris que c’était dans la mer et que ces différentes barquettes étaient reliées entre elles par une structure métallique. En tout état de cause, ça fait des petits bouts de partout ☹. Pedro m’a dit que cela allait être bientôt interdit d’utiliser ce type de matériau. Heureusement !

Le midi, nous avons mangé des empanadas aux crevettes et au fromage et le soir, salade de tomate et concombre (j’en aurais sauté de joie ! Des léguuuuuuuuuuuuuuuuuuuuumes !) puis de la viande et des pommes de terre. Comme à chaque fois, des boissons sucrées et gazeuses sont mises sur la table pour les enfants. Et ceci quasiment partout, depuis qu’on est arrivé en Amérique du Sud. Nous leur en autorisons un verre de temps et en temps mais la plupart du temps, on décline poliment et on sort nos gourdes. Le fait que l’eau ne soit pas potable est selon nous un vrai problème de santé publique. Les sodas sont partout et souvent coutent autant ou même moins chers qu’une bouteille d’eau. Beaucoup, beaucoup de sucre de partout…

Le bateau qui nous a amenés sur l’île
Notre logement chez l’habitant
Ça, c’est la chambre et la vue est à tomber par terre !
Une otarie sur une bouée.
Avec nos hôtes et leur fille

8 réponses sur “Isla Aulín”

  1. Votre voyage est magnifique. Après avoir décidé du contenu avec les copains de classe, je suis en train de préparer un journal de nos aventures pour Galien. Ses aventures et son journal dont plastifiées et circulent. Nous vous embrassons collectivement.

  2. Votre voyage est magnifique. Nous voyageons avec vous par procuration. Après avoir décidé du contenu avec les copains de classe, je suis en train de préparer un journal de nos aventures pour Galien. Ses aventures et son journal dont plastifiées et circulent. Nous vous embrassons collectivement.

  3. Me réjouis d’être abonné au ”Monde” des zouzous,
    de très bons reportages bien écrits, un peu style journal !
    et des photos des paysages insolites et des aventuriers
    qui nous donnent l’impression d’être du voyage !

    Merci pour le partage,
    TTTreKKer

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